jeu. 03 septembre 2026
Ahmed Touba : « L’engagement, le courage… c’est quelque chose qui me plaît ! »
Défenseur arrivant du Panathinaikos, Ahmed Touba a effectué des débuts remarqués face à l’OL. Entretien avec un globe-trotter…
Quelles sont tes impressions depuis ton arrivée ?
C’est positif ! Je suis vraiment content d’être ici, de rencontrer les nouveaux coéquipiers, le staff. J'ai une super bonne impression.
Tu t'attendais à jouer aussi vite ?
Oui, parce que je suis quelqu'un qui est toujours prêt. Donc, même lors de la discussion avec le coach, je lui ai dit tout simplement que j'étais prêt parce que j'avais déjà fait trois matchs.
Tu as fait beaucoup de clubs, pourquoi as-tu tant bougé ? Tu avais l'envie de découvrir ?
Pas forcément. À certains moments, oui, c'étaient des choix voulus. À d'autres moments, non. Ce mercato-là, c'était un peu spécial : il y a deux mois, j'étais entre guillemets invendable, après une très bonne saison. Mais dans le monde du foot, à tout moment, tout peut se passer. Donc, c'est une nouvelle expérience. J'ai vraiment hâte, je l'ai déjà commencée, de faire une grosse saison. Je suis sûr que ça ne peut m'apporter que du bien.
La Ligue 1, c'était une ambition que tu avais dans un coin de ta tête ?
Pas vraiment non plus. Parce que j'étais en accord avec des clubs avant la possibilité d'avoir Le Havre comme
club, comme Ligue 1. C'est vrai que dès que j'ai eu cette opportunité-là, j'ai choisi le Havre. Mais sinon, la Ligue 1, ce n'était pas une obsession en soi.
Que retiens-tu des footballs des pays où tu as joué ? Les différences avec ici, entre le football italien, le football belge, le turc, le grec ?
Sincèrement, dans le football d'aujourd'hui, toutes les équipes, que ce soient les plus fortes ou les moins fortes du championnat, toutes s'adaptent, avec des staffs qui travaillent énormément tactiquement. Il peut se passer beaucoup de choses entre une grosse équipe contre une plus petite, notamment, on l’a vu le dernier match.
Tout le monde peut battre tout le monde…
C'est ça, le foot pour moi n'a pas changé. Certes, si on compare une équipe, on peut dire que cette équipe-là a des meilleurs joueurs, sauf que tactiquement… Et la détermination peut faire beaucoup dans un match.
Que savais-tu du HAC avant de signer ici ?
Pour le coup, j'étais venu il y a dix ans. Je ne savais pas énormément de choses, mais j’étais venu visiter le stade, le centre d'entraînement. Finalement, ça ne s'était pas fait. En général, je regarde un peu les résultats de tous les championnats, donc forcément, j'ai vu que le HAC s'était maintenu plusieurs années de suite. C'est quelque chose de très positif, surtout avec un budget en Ligue 1 comme celui du HAC. C'est quelque chose d’extraordinaire et forcément, ça veut dire que chaque semaine, il joue avec beaucoup d'engagement, beaucoup de courage. C'est quelque chose qui me plaît.
Ça correspond bien à ce que tu es ?
C'est ça.
Tu connais quelques anciens Hacmen comme Himad Abdelli ou Victor Lekhal. As-tu appelé quelqu'un avant de signer ?
Pas du tout, parce que ça s'est fait vraiment en quelques heures. Le Panathinaikos s’était déjà mis d’accord avec d'autres clubs et je devais partir. Quand j'ai eu cette opportunité-là, ça s'est fait vraiment en 5 ou 6 heures. Le temps de dire bonjour et de sentir que le feeling passe, j'ai dû prendre l'avion le lendemain ! Forcément, je n’ai eu le temps d'appeler personne et même moi, je ne réalisais vraiment pas. Aujourd'hui, je commence à réaliser !
Parlons de la sélection ! Tu as 15 sélections en équipe d'Algérie (NDLR : et de nombreuses sélections chez les équipes jeunes belges). Qu'est-ce que ça représente pour toi de jouer pour l'Algérie ?
Quinze sélections et un but, aussi ! Ce que ça représente pour moi ? Beaucoup de fierté, de joie. Représenter son pays, peu importe si c'est un match officiel, amical, dans des compétitions, c'est une fierté.
Tu as choisi l'Algérie parce que c'est l'origine de tes parents ?
C'est ça, mes parents viennent d'Algérie. Je suis algérien. Chaque année, on partait là-bas. J'ai grandi là-bas entre guillemets. On partait plusieurs mois. Forcément, on apprend à vivre comme eux, avec eux. C'est une part de ton identité.
Mais tu es né en France.
Oui, je suis né à Roubaix. Et un peu après, nous sommes partis en Belgique.
Tu as toujours voulu être footballeur ? Ou aurais-tu pu faire quelque chose d'autre ?
Non, sincèrement, non. J'ai toujours voulu être footballeur. Je n’avais vraiment rien en tête. Je jouais d'abord par plaisir, bien sûr, quand on est petit, on ne sait pas que les footballeurs gagnent de l’argent. Quand tu commences à avoir 12 ans, 13 ans, que tu entends que tu peux en faire ton métier, tu comprends que c'est le chemin le plus rapide pour trouver un métier. Dans ma tête, il n'y avait que le foot. Je n'avais pas le choix de ne pas réussir. Il y a des gens qui ont un peu moins de chance. Si j’avais fait partie de ces gens-là, j'aurais trouvé un travail. Quand je commence avec le foot comme passion, je me concentre plus sur ça. Il y a la filière, il y a la continuité, tu n'as pas le temps de t'arrêter sur autre chose. Maintenant, c’est mon métier. Du coup, je fais ce que j’aime.
Quel genre d'enfant étais-tu ?
C'est compliqué de répondre ! J'étais un enfant dynamique, qui aimait bien faire toujours des choses. Je n'étais pas un enfant qui aimait bien rester dans sa chambre. J'aimais bien sortir, prendre un ballon, faire du vélo, aller au parc. Souvent avec un ballon. Je ne sais pas comment vous appelez ça en France, j’allais sur des petits terrains.
Des city-stades ?
Oui, avec des amis, ou même seul.
On a besoin des supporters et on fera tout pour les rendre fiers !
Tu avais des idoles ou des modèles quand tu étais petit ?
Sincèrement, non. Je ne suis pas quelqu'un qui a des idoles. Dans ma génération, on a tous grandi avec des Ronaldinho, des Zidane, des Ronaldo, etc. Je pense qu'on a vécu la meilleure période avec Cristiano Ronaldo et Messi. J'appréciais de regarder ces joueurs-là, j'ai vraiment apprécié le football de l'époque.
As-tu eu le temps de découvrir Le Havre ?
Non, pas du tout. Ces derniers jours, c'était vraiment la récupération. Forcément j'ai dû rattraper les heures de sommeil ! Pour le moment, je suis vraiment concentré sur ma récupération. Une fois que j'aurai pris mes
marques et que mon corps aura récupéré, que j’aurai un peu plus de temps pour moi, j'irai faire un petit tour.
Justement, en dehors du foot, quand tu es installé, tranquille, qu'as-tu l'habitude de faire chez toi ?
Après l'entraînement, c'est sieste, récupérer. Après, je vais faire un petit tour, aller boire un petit café, peut-être avec des coéquipiers, apprendre à les connaître, je trouve que c'est important pour s'intégrer plus rapidement. Forcément, je n'ai pas pu faire la préparation, ç’aurait été plus facile. Alors voilà, trouver des moments pour organiser quelque chose en équipe, je suis comme ça.
Est-ce que tu regardes des films, des séries ?
J'aime beaucoup les reportages ! J'aime bien apprendre ! Je joue aussi beaucoup aux échecs. Avant, je jouais à la PlayStation, comme tout le monde, mais j’ai arrêté, et je me suis mis aux échecs. Ça fait un an, un an et demi que j’apprends, et maintenant, j’ai un petit niveau.
Et la musique ?
Souvent dans la salle, au club. Sinon, je ne suis pas celui qui écoute la musique à l'hôtel, chez moi, mais j’aime bien ce que mettent les jeunes… Enfin, les jeunes… On a le même âge ! (rires) Mais je n’écoute pas de musique à part ça.
Ta qualité première et ton pire défaut ? En dehors du terrain, évidemment.
C'est difficile à dire… J’en ai tellement ! (rires) J'essaie vraiment de trouver ma qualité première, mais ce n'est pas facile de parler de soi. Je dirais, à l'écoute, dans la communication, tout ça… Je pense que c'est ma qualité. Mon défaut, peut-être, je dirais... Maniaque, je pense, mais pas dans le sens où je veux tout nettoyer, etc., ça en fait partie, mais dans tout, en fait. Il faut que ce soit carré, tout le temps. Et j'attends des gens, la même chose ! C'est très compliqué parce que les gens ne sont pas comme toi. Le fait d'attendre ça des gens, des fois, ça t'irrite, parce que toi, tu le ferais comme ça.
Comment abordes-tu ce match contre Brest ?
Ce sera la première fois que je jouerai au Stade, devant nos supporters ! C'est important de gagner pour lancer la saison, on est tous conscients de ça. Forcément, au fond de moi, j’ai envie de gagner ! Peu importe comment va être le match. C'est sûr que ça ne va pas être un match facile, et on n'aura aucun match facile cette saison. J'espère vraiment qu'on va prendre les 3 points, peu importe comment.
As-tu un petit message pour les supporters ?
Je suis très impatient de les voir samedi. J'ai vraiment hâte de les entendre soutenir l'équipe, que ce soit dans le bon ou dans le mauvais. On a besoin d’eux et on fera tout pour les rendre fiers !
Propos recueillis par Olivia Detivelle
Photos : Emmanuel Lelaidier / Alicia Macé