ven. 17 avril 2026
Avant Angers SCO - HAC : mission, épisode 30
Pour cette 30e journée de Ligue 1 McDonald’s, le HAC se déplace à Angers (samedi, 19 h). Avec la terrible envie de continuer sa progression vers son objectif maintien.
« En avril, ne te découvre pas d’un fil. » En conservant une distance de sécurité sur ses poursuivants, le HAC ne se dépareille pas d’un gilet de sécurité qu’il aimerait toutefois un peu plus chaud. Ce samedi à Angers, le voilà chez une équipe moins aux abois que les précédents adversaires, Auxerre et Nice. Mais franchement, vous y croyez, vous, à ce concept de douceur angevine ? Celle que Du Bellay clamait préférer à l’air marin ? Déjà, et sans chauvinisme aucun (on vous l’assure !), la supériorité de la première sur le second reste à prouver (on peut vous trouver une pléiade de raisons…). Quant à la douceur du stade Raymond-Kopa… Laissez-nous nous esclaffer ! Croyez-vous franchement que l’ambiance sera festive, charmante, dans l’air printanier du temps ? Oui ? Alors, vous vous trompez lourdement.
L’équipe d’Alexandre Dujeux, 13e, vit une saison certes tranquille, avec ses actuels 33 points. A l’abri presque mathématiquement d’une mauvaise surprise, il est toutefois évident que les Angevins n’ont guère envie de finir en tongs. D’abord parce que ce n’est pas commode pour courir, ensuite parce qu’ils ont un respect certain de la compétition et de leur public. Malgré les départs de Lepaul en août, de Cherif et d’Abdelli en janvier, les Blanc et Noir ont fait mieux que surmonter les obstacles : ils les ont avalés sans broncher ni tousser, grâce au jeune Prosper Peter (4 buts), grâce à Hervé Koffi dans les cages, grâce à Lilian Raolisoa (2 buts, 3 passes), et à quelques soldats comme Jordan Lefort, Haris Belkebla ou Yassin Belkhdim (lequel, opéré de l’avant-bras, est toutefois forfait jusqu’à la fin de saison). Pas mal pour un club qui se traîne, comme le HAC, en toute fin du classement des finances de la Ligue 1, très loin de la partie de cash-cash que se disputent bien d’autres clubs. Un duel de pauvres en termes d’argent, de riches en termes de valeurs.
Ah, les valeurs ! On vous en rebat les oreilles mais tous les supporters Ciel&Marine en sont fiers, de ces valeurs ! Ils se reconnaissent en cette équipe havraise parfois belle à regarder jouer, parfois belle à savoir faire déjouer les autres, entre talent et impact, entre technique et caractère. Des armes de points, 29 pour le moment, cinq d’avance sur le barragiste, l’AJ Auxerre, dix sur le FC Nantes, premier relégable et comptant un match en moins. Le même constat qu’il y a huit jours, certes, mais avec un pas de moins à accomplir pour franchir la ligne d’arrivée.
On s'accroche ! On voudrait finir le travail qu'on a commencé.
Lui a franchi ce que beaucoup pensaient être devenu un plafond verre. Lui, c’est Ally Samatta et il a inscrit la semaine passée un superbe but ayant surtout l’avantage de débloquer son compteur. Le Tanzanien, irréprochable dans son état d’esprit, bosseur, mais à qui il manquait une occasion pas manquée, s’est fait du bien mentalement avec cette réalisation, et il est probable que la confiance, cette petite chose si fragile, ait à nouveau trouvé refuge dans son sac de sport. De bon augure ? On ne voit pas pourquoi ce ne serait pas le cas ! Avec un effectif pratiquement au complet, seuls Abdoulaye Touré et Felix Mambimbi manquant à l’appel, Didier Digard se frotte à un problème de riches (pour une fois !) : l’embarras du choix. Roi des systèmes hybrides, sachant bonifier les qualités de ses joueurs et ayant développé leur intelligence tactique, le coach havrais ne sera guère gêné par ce cadeau, lui qui, comme son effectif, ne laisse rien à désirer puisqu’il donne tout.
Le cadeau, l’offrande suprême serait de décrocher un succès sur la pelouse angevine. Trois points qui nous propulseraient plus vite vers le nirvana, ce fameux maintien que nous nous languissons d’étreindre avec force et amour. Oui, amour ! Car après une longue interruption, le HAC a renoué son histoire avec la Ligue 1. Et il n’a guère l’intention de prendre ses cliques et une claque en la brisant.
O.D.
Photos : Emmanuel Lelaidier