ven. 03 avril 2026
Mathieu Bodmer : « On a besoin de tout le monde ! »
Heureux de voir le Stade Océane toujours bien garni et chantant, le Directeur sportif du HAC revient sur l’ambiance havraise et sur ce qu’il espère pour le match face à l’AJA.
Quand tu es arrivé avec toute ton équipe, tu disais que l’une de tes ambitions était de faire revenir le public au Stade Océane. Trois ans et demi après, quel est le bilan ?
Je suis plutôt content ! Franchement, ça suit. Les supporters, je trouve qu’ils sont bons ! J’ai des images en tête, que ce soit Lyon, PSG, les derniers matchs, l’ambiance, les tifos… C’était top ! Même dans la ville, on a des retours plutôt positifs. Un peu plus même cette année que les années d’avant, j’ai l’impression que les supporters se reconnaissent un peu plus dans cette équipe, sur la mentalité des joueurs, sur ce qu’ils donnent sur le terrain. Après, je pense qu’on a plus de résultats positifs à domicile cette année que l’année dernière, ça aide aussi. Mais dans l’ensemble, on est contents. Quand je vais au stade, que je le vois… J’ai toujours trouvé que c’était un beau stade… Pas exploité à sa juste valeur, mais un beau stade.
Si tu avais un moment, justement, en relation public-équipe, à retenir, sur les trois ans et demi qui viennent de s'écouler, ce serait lequel ?
La montée ! La montée, oui. La montée, parce que c'est notre première année, parce que tu as un peu de pression jusqu'au bout, parce que les résultats juste avant sont un peu moins bien. Et du coup, on doit gagner à domicile pour monter. On gagne à domicile, il y a l'envahissement de terrain même avant la fin du match… Parce qu'après, l’année dernière, le maintien est fantastique, mais c'est à l'extérieur.
A ton premier match, il y avait 5000, 6000 personnes… Les gens attendaient de voir, tu avais toute une génération qui n’avait jamais connu le HAC à ce niveau. C’est une fierté d’avoir réussi à transformer ça ?
On est contents ! Quand je suis au stade, je vois un peu les familles, les gens, le papa, la maman, les enfants, les grands frères, etc. Je trouve que c’est bien, on a un public assez familial. C’est top ! Ça fait bouger un peu la ville, une semaine sur deux, ça fait un événement. Quand tu vois les gens, ils t’en parlent. Ça crée l’émulation, ça crée un peu de plaisir aussi dans une période compliquée pour tout le monde. On est satisfaits de ça.
Et c’est un amour du club qui ne se dément pas, qui se transmet de génération en génération !
C’est important. On va former une nouvelle génération de supporters havrais, du HAC. Quand je suis arrivé ici, il y avait beaucoup de gens qui étaient attachés à Deschaseaux. Tu as une histoire avec le stade, le club, le HAC, c’était Deschaseaux pendant très longtemps, ce qui est logique, parce que c’est le club doyen avec un stade mythique. Il y avait encore un peu de mal sur l’appartenance au Stade Océane. Des matches références, il n’y en avait pas beaucoup. Quand, en Ligue 2, il n’y a pas eu de montée pour un but, c’était au Stade Océane, pas à Deschaseaux, donc il y avait des images entre guillemets négatives. Là, tu as un peu plus de moments de joie, tu as eu la montée qui a été faite ici, ça a un peu changé l’image du stade. Je pense que pour les gens aujourd’hui, Océane est à eux, ils se le sont appropriés. Même les supporters, d’un côté, ça a grandi, de l’autre, des kops se sont créés aussi. Sur les matchs prestigieux, il y a du monde, les matchs moins prestigieux, tu fais 19, 20 000. Le mieux, ce serait que ce soit plein tous les week-ends, évidemment, mais ça va venir avec le temps, avec les résultats. Si on continue d’être performants et que les mecs mouillent le maillot comme ils le font cette année, ça va se remplir.
Partout, les gens ont envie que l’équipe mouille le maillot. Mais Le Havre est une ville ouvrière, industrielle, laborieuse. Par rapport à d’autres c’est vraiment une notion importante. Et le message semble être bien compris par les joueurs…
C’est important. Le club est un descendant d’Anglais, avec le fighting spirit, le goût pour la bagarre, et je pense que les gens sont attachés à ça. Effectivement, tu as l’histoire de cette ville ouvrière, les docks, une ville un peu dure. Les gens ont envie de voir des joueurs qui se battent pour leur maillot, pour leur ville. Je pense qu’aujourd’hui, dans l’ensemble, ils sont assez satisfaits de ce qu’ils voient sur le terrain. On n’est pas toujours les meilleurs, par contre, il n’y a pas un mec qui triche. Ça, c’est le plus important.
On n’est pas toujours les meilleurs, par contre, il n’y a pas un mec qui triche. Ça, c’est le plus important.
Par exemple, le match contre Toulouse, où tu es à 10 au bout de 57 secondes et que tu arrives à gagner, restera au-delà de cette génération !
Il va faire partie de ces matchs avec de la joie et positifs. Avec des gens qui vont dire : « J’y étais. » Il faut des matchs références, il en faut d’autres. J’espère qu’Auxerre en sera un. J’espère que Marseille, en fin de saison, en sera un, qu’on accrochera un gros ici, on ne l’a pas fait encore. Un gros, je veux dire parmi les premières équipes de Ligue 1. À domicile, il faut faire le plein.
Justement, pour le match de dimanche, qu’attends-tu du public, de ton équipe ?
Qu’on soit ensemble, comme d’habitude. C’est à l’équipe d’emmener les supporters aussi, montrer sur le terrain, dès le coup d’envoi, qu’on est dans un bon jour, qu’on va mouiller le maillot, qu’on va se taper, qu’on va tout faire pour gagner ce match-là. Et que les supporters soient derrière nous jusqu’à la dernière minute. Peu importe le scénario du match, qu’on soit menés 1-0, qu’on mène 1-0, en espérant qu’on marque le plus de buts possible. Des fois, le scénario, c’est un peu compliqué ! Qu’ils ne nous lâchent pas et qu’on soit douze. Et qu’Auxerre s’en rende compte. Oui, c’est un match très important pour le maintien… Parce qu’il se peut qu’en cas de victoire, on fasse un pas décisif. Mais même si ça se passe mal pour X raisons, on a besoin de tout le monde.
Propos recueillis par Olivia Detivelle
Photos : Emmanuel Lelaidier / Alicia Macé