jeu. 04 juin 2026

Maxime Di Liberto : "Le collectif peut compenser beaucoup de choses"

Partager :
C’est l’heure du bilan ! Alors que son équipe a décroché un quatrième maintien consécutif en Arkema Première Ligue, Maxime Di Liberto revient sur la saison 2025-2026.
Maxime, es-tu fier d'avoir réussi à décrocher un quatrième maintien parmi l'élite ?
Ce maintien a une saveur particulière ! Il n’y avait rien d’évident au début… Je savais qu’on aurait peu de marge et qu’il faudrait aller chercher beaucoup de choses dans le travail pour nous permettre de nous maintenir, de prendre des points contre des gros adversaires, notamment contre des équipes comme l’OM et Lens, qui montaient. Donc, oui, il y a énormément de satisfaction parce qu’on est allés chercher ce maintien avec nos valeurs.
 
Ce maintien fut un peu long à se concrétiser. Pourquoi, à ton avis ?
Déjà parce que nos adversaires étaient là jusqu’au bout, jusqu’à la dernière journée ! Le dernier n’était pas loin, contrairement aux saisons précédentes, il y avait donc de la qualité chez nos adversaires directs. Mais ce maintien a aussi été long à se dessiner parce qu’on n’a pas toujours trouvé la constance collective qu’on aurait dû avoir. D’un côté, on a parfois trop alterné entre de bonnes prestations sur une mi-temps, une demi-heure, et des matches où l’équilibre et l’efficacité dans les deux surfaces étaient moins présents. D’un autre côté, il y a eu des paramètres comme la perte d’Elisabeth Tsé en octobre-novembre qui nous a demandé un temps d’adaptation assez long avant de retrouver une équipe cohérente sur l’aspect tactique, sur l’aspect défensif, avec des arrivées comme Angela Baron ou Shadia Nankya qui ne connaissaient pas le niveau, devaient compenser le départ d’Elisabeth mais avaient besoin de temps. Je pense aussi que notre début de saison très positif avec les sept points sur neuf au bout de trois journées nous a sans doute éloignés de deux choses : de l’humilité et de notre objectif initial qui était le maintien. De par ces bons résultats, je pense que beaucoup de personnes dans l’ensemble de l’équipe Arkema Première Ligue ont manqué d’humilité et ont voulu voir d’autres objectifs. Ça a été contreproductif pour aller chercher le maintien rapidement. Un dernier point, c’est que je pense aussi, et ça résume un peu tout, que dans la course à un maintien, ce sont les détails collectifs qui font souvent la différence, et quand on a su être présentes toutes ensemble, on a concrétisé et gagné des points, et quand on a manqué d’humilité à certains postes, à certains moments, on l’a payé cash.
Quels sont les aspects positifs et négatifs que tu retiens de cette saison ?
Un des points positifs de cette saison, c’est qu’on a su être clutch, c’est-à-dire qu’on a été bons dans les situations sous pression. On a su par exemple aller gagner des points à Montpellier, à Strasbourg, quand on savait que la journée allait être très difficile et que si on ne gagnait pas trois points, il aurait pu y avoir dans les autres confrontations directes des résultats qui nous auraient embêtés. Le négatif, c’est justement ce manque de constance. On a eu des périodes où on aurait dû mieux maîtriser certaines rencontres. Deux domaines me viennent tout de suite à l’esprit. D’abord, on a pris trop de buts sur les phases arrêtées : lors de beaucoup de matches, on faisait jeu égal, l’adversaire n’y arrivait pas, et on a encaissé un but sur coup franc ou sur corner. Un deuxième paramètre me vient en tête : on a trop longtemps attendu dans la saison que nos remplaçantes soient impactantes à leur entrée en jeu et changent le résultat. On l’a vu lors de l’avant-dernier match à Strasbourg où elles ont enfinfait la différence. Ce sont ces deux axes qui sont importants si on veut franchir un cap la saison prochaine. A contrario, si on a pris beaucoup de buts sur coups de pied arrêtés, on en a mis beaucoup aussi, notamment avec Célestine Boisard ou Romane Enguehard. Autre point positif, nous, coach et staff, avons pu nous baser sur un noyau solide avec des joueuses présentes au club depuis quatre ou cinq ans comme Romane Enguehard, Christy Gavory ou Eva Kouache. Egalement, il y a l’arrivée de cette jeunesse, avec Talila Seika, avec Emmy Lefèvre, qu’on a vu lors de 15 matches sur 22… Toute cette jeunesse a apporté de la fraîcheur et un peu d’essence quand le moteur n’en avait plus.
J’ai appris qu’une saison demande parfois de prendre des décisions fortes. Pas toujours simples humainement à expliquer, à faire comprendre, mais c’est nécessaire pour garder le cap collectif du club.
Y a-t-il un match ou un moment qui t'ont marqué particulièrement ?
Je ne vais pas parler personnellement, mais dans cette saison, il y a eu beaucoup, beaucoup trop de moments qui nous ont impactés positivement ou négativement ! Que ce soit la défaite à Lens, la défaite à Nantes, qu’on n’a pas comprises, mais d’un autre côté, positivement, l’affaire du PSG avec les trois points qu’on nous ajoute au classement ! C’était positif même si ça nous a perturbés car on ne savait pas si on allait les garder ou pas ! Ce côté administratif a parfois mis en difficulté le sportif. Il est difficile de sélectionner un moment, parce qu’ils ont tous leurs conséquences, mais si j’en sélectionne, c’est le double déplacement fin janvier et début février à Saint-Etienne et à Montpellier, où l’on sait très bien que si on ne rapporte pas des points, on va vivre une fin de saison très compliquée. Et on arrive à prendre 4 points sur 6 ! Ce qui nous a permis de laisser ces deux équipes derrière nous, de nous détacher un minimum, de prendre un petit matelas de confort pour tenir jusqu’à la fin de saison.
 
Qu'as-tu appris de cette saison ?
J’ai appris qu’une saison demande parfois de prendre des décisions fortes. Pas toujours simples humainement à expliquer, à faire comprendre, mais c’est nécessaire pour garder le cap collectif du club. Dans les moments compliqués, on comprend vite aussi qu’une situation individuelle ne peut pas passer au-dessus de l’équipe. Cette saison renforce certaines de mes convictions, que je partage avec Laure Lepailleur ou la direction, et qui sont que la réussite d’un groupe passe avant tout par l’exigence quotidienne, l’entraînement, les matches, la progression individuelle et collective. Et quand le collectif se solidifie autour d’un objectif commun, il peut compenser beaucoup de choses. En ce moment, on parle des budgets, des infrastructures, de la professionnalisation, du niveau individuel des joueuses, etc. Aujourd’hui, je pense que si on a réussi à se maintenir, c’est parce que le collectif a su se solidifier, se réunir sur des moments charnières, et on a su passer outre ce qu’on pensait de nous, parce que oui, évidemment, en début d’année on ne donnait pas cher de notre peau ! Mais on a réussi cet objectif d’un quatrième maintien de suite dans l’élite, ce qui est extraordinaire. Il ne faudra pas s’endormir sur ses lauriers, la saison prochaine, il faudra repartir à la bataille ! Et, enfin, pourquoi pas, passer ce cap de la huitième place.
 
Propos recueillis par Olivia Detivelle
Photos : Emmanuel Lelaidier