sam. 17 octobre 2026

Rassoul Ndiaye : « Il faut qu’on fasse un avec nos supporters »

Partager :
Capitaine depuis le début de saison, Rassoul Ndiaye revient sur son brassard, la sélection, mais aussi sur le début de saison du HAC.
Lors de notre dernière interview il y a presque un an, l’ultime question était sur un éventuel futur capitanat. Tu m'avais dit que tu l’avais été étant jeune. Maintenant que tu es capitaine du HAC, en pro, que ressens-tu ?
Beaucoup de fierté, parce que je regarde le chemin parcouru… Au début c'était un peu plus dur, et maintenant, être capitaine, vraiment ça montre une petite évolution quand même, sur le plan non seulement mental mais aussi du football, et aussi sur le plan de la confiance du staff envers moi. Donc, je le prends avec beaucoup d'humilité et beaucoup de passion.
 
Pour le public, ça a paru normal, au regard de ton évolution… Il était logique que ce soit toi.
A la reprise, je ne pensais vraiment pas du tout à ça, et les gens m'ont parlé un peu de ça, que j'ai compris qu'ils avaient confiance en moi et qu'ils voulaient me voir capitaine. Après, le coach l'a fait naturellement, ça a été un choix, je pense de lui d'abord et après du staff. Mais voilà, c'est quelque chose qu'il va falloir que j'assume pendant la saison.
 
Comment Didier Digard te l’a-t-il annoncé ?
Il n'y a pas eu d'annonce officielle, mais en fait, on a commencé les matchs amicaux et le premier match, j’étais titulaire et il m'a donné le brassard. Et après, ça s'est fait naturellement. On a eu des discussions, mais ce n'était pas comme une officialisation du brassard, c'était plus pour me dire « tu auras ce rôle-là cette année, donc sois plus proche de moi », s'il y a des choses à dire, des choses à faire savoir de la part du groupe, pour le staff.
Cela se matérialise ainsi ? Tu ressens qu'il y a un changement de statut et tu as de nouvelles choses à faire ?
Par la force des choses, il y a beaucoup moins de joueurs qui étaient là l'année dernière et maintenant, je fais partie des plus anciens. Donc voilà, ça s'est fait naturellement, mais c'est plus au niveau de l'extérieur du terrain. Si les nouveaux ont des questions, si je dois parler anglais avec les Japonais et faire traduire certaines phrases, ou même sur le terrain être tout simplement à la hauteur de la tâche et aussi être le lien entre les joueurs et le staff, entre les joueurs et, je ne sais pas, un jour les supporters, entre les joueurs et le corps arbitral… C'est global.
 
Et médiatiquement, tu es plus mis en avant.
Je l'avais été aussi l'année dernière, mais je pense que cette année aussi, je vais l'être tout autant. Voire plus.
 
C’est ta quatrième saison au HAC, tu as évolué, par exemple, l’année dernière, tu as marqué 4 buts, offert 4 passes décisives. Sens-tu que tu es devenu « incontournable » ?
Je sens bien sûr que mon rôle a évolué au fil des saisons, sur le plan footballistique. Je sens que mes collègues ont confiance en moi et qu'ils comptent sur moi pour les aider à gagner les matchs. Après, « incontournable », je ne dirais pas ça, mais je pense que mon rôle a beaucoup évolué. De par le fait d'être capitaine, il y a une présence sur le terrain qui fait que j'ai un rôle plus large.
 
Est-ce que tu as changé ta manière d'être sur le terrain, en dehors du terrain, ou même dans la vie ?
La chose que je fais plus cette année, c'est aller vers les gens, essayer d'écouter leur ressenti. En plus, il y a eu beaucoup de départs, donc beaucoup d'arrivées forcément. J'essaie de savoir ce qu'ils ressentent, si jamais ils ont des plaintes ou si jamais ils sont tout simplement bien dans l'effectif, le faire savoir au staff, mais aussi le savoir pour moi-même, pour essayer de les aider. C'est quelque chose que peut-être je faisais moins parce que ce n'était pas naturel chez moi. Je ne me force pas à le faire, mais c'est quelque chose que je dois faire quand même pour aider tout le monde à être au top.
On n'est pas à la ramasse !
—
En termes de confiance, vous vous sentez comment ?
Comme je l'ai dit, on voit bien que pendant le match, on n'est pas à la ramasse. On sait que ce sont des détails qui vont faire bouger les choses. On travaille sur ces détails-là à l’entraînement, en salle. On sait que ce sont des choses qui doivent changer au niveau de la détermination à gagner, à tuer les matchs.
 
Qu’attends-tu de ce match contre Auxerre ?
Justement,  ce déclic positif au niveau comptable. J'attends surtout qu'on ne soit pas moins bons. Parce que si on est juste un peu en dessous de nos dernières performances en termes de jeu, ça ne le fera pas. Il n'y a pas de raison pour que ça ne marche pas à domicile, avec nos supporters. Vraiment, il faut qu'on fasse un avec eux, que l’énergie qu’on met sur le terrain ils l’aient aussi, et que celle qu'ils ont dans les tribunes, on l’ait sur le terrain, pour que ce soit difficile pour toutes les équipes à domicile.
 
Parlons de la sélection sénégalaise ! Tu as été rappelé lors de la dernière trêve, j'imagine que tu en étais très heureux…
Forcément, à chaque sélection, c'est vraiment spécial de jouer pour l'équipe nationale. Surtout que là, c'étaient deux matchs officiels, deux matches éliminatoires pour la CAN, c'est encore quelque chose de différent par rapport aux matchs amicaux. C'est toujours de la fierté et beaucoup de positif quand on va là-bas. Ça change un peu de décor, forcément. Vraiment, ça a fait du bien. Le fait de gagner là-bas, ça apporte un peu de baume au cœur.
 
Ça n'avait pas été une déception de ne pas être à la CAN et à la Coupe du Monde ?
Honnêtement, je ne l'ai pas vécu comme une déception parce que je sais que je viens de loin, et je sais qu'il y a beaucoup de concurrence quand même. Une fois que j'ai su que je n'étais pas dans la liste, j'ai tout de suite basculé en mode supporter. Vraiment, j'étais à fond derrière l'équipe ! Mais en fait, je ne dirais pas que c’était de la déception parce que la déception, c'est quelque chose sur lequel on reste un peu. Je me suis dit que, pour les prochaines échéances, je me devais d'être là, avec eux.
 
Tu auras 25 ans dans deux mois. On dit que c'est l'âge de la maturité. En quoi cherches-tu encore à progresser ?
En dehors du terrain, à être plus responsable. Le brassard me donne un peu cette obligation, mais il faudrait que je le sois aussi de moi-même, être responsable envers moi-même déjà, et envers mes coéquipiers. Et je pense que c'est une belle opportunité d'avoir ce capitanat cette année pour m'aider à passer ce step, d'être vraiment mature dans tous les sens du terme. Et sur le plan footballistique, ce n'est pas l'âge qui va me faire dire que je dois faire plus ça ou plus ça, mais vraiment, je suis plus dans un esprit de progression par rapport à l'année dernière. Il faut que j'aide l'équipe à atteindre ses objectifs le plus rapidement possible, et moi-même, au niveau des statistiques, essayer de faire au minimum la même chose.
 
Propos recueillis par Olivia Detivelle