jeu. 20 août 2026

Amir Richardson : « Ça reste mon HAC ! »

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Prêté par la Fiorentina, Amir Richardson, bézot de la Cavée, est de retour au HAC trois ans après son départ. Il évoque ce retour, les changements et les similitudes qu’il a trouvés, mais aussi son parcours.
Amir, qu’est-ce que ça te fait d’être de nouveau à la maison ?
Ça me fait du bien, ça fait plaisir, et je pense que ça peut m’apporter beaucoup !
 
Le HAC, pour toi, c’était une évidence ?
Bien sûr, c’est mon club formateur, qui m'a permis aujourd'hui de vivre de mon rêve. De toute façon, même quand j'étais parti la première fois, je savais que ce n'était pas une porte qui resterait fermée complètement.
 
Ça s'est fait comment ?
J'étais chez moi cet été et j’ai parlé avec Demba et le coach Didier. J'ai eu un rendez-vous avec eux. Et tout naturellement, ça a matché.
 
Qu’avais-tu gardé du HAC ?
La montée ! Et tous les côtés positifs, la ville, les supporters, toujours présents, la ferveur… On sait qu’ils ne vont pas lâcher, en Ligue 2 comme en Ligue 1. Je ne vois que ces côtés positifs, même pas de mauvais côtés…
 
Raconte-nous ce qui s'est passé pour toi depuis ton départ en juin 2023 !
J'avais signé à Reims en 2022 et j'étais resté une année au HAC en prêt. Après, je suis parti là-bas pour un an en Ligue 1, tout s'est bien passé, surtout les six premiers mois. Ensuite, il y a eu les Jeux Olympiques qui se sont aussi bien passés pour nous, même si je pense qu'on méritait mieux (NDLR : le Maroc remporta la médaille de bronze). Au final, j'ai signé à la Fiorentina pour cinq ans. La première saison, ça se passe bien, pour une première année d'adaptation, avec un coach qui me voulait et avec qui j'avais de bonnes relations. Je fais ma saison, on accroche le top 6, avec une qualification en Europe, tout se passe bien. Ensuite, le coach décide de partir, un nouveau arrive mais je ne suis plus dans les plans. J'avais des opportunités à la fin du mercato mais ils m’ont bloqué, parce qu’ils n’avaient pas ce qu’ils voulaient. Ensuite, j'ai dû rester six mois sans jouer, puis j'ai été prêté à Copenhague en hiver, dans un bon club, très bon club. Mes débuts s'étaient très bien passés, mais d’un coup, sans raison, j'ai été écarté. Je pense que le coach et le directeur ne s’entendaient plus. Copenhague, c'est un grand club au Danemark, mais la période où j’y étais était moins bonne. Cette année est une année à oublier. Bien sûr, ça me donne de l’expérience et ne peut que me rapporter du positif.
 
Et il y a eu aussi le décès de ton papa…
Oui, pendant cette période compliquée… C’est la vie…
Je suis impatient de retrouver le public, ça va me faire un grand plaisir de fouler à nouveau la pelouse du Stade !
Quelles sont les différences entre le HAC que tu as quitté il y a trois ans et le HAC que tu retrouves maintenant ?
On voit que le club a pris de l'ampleur. Ça fait trois années consécutives qu’on se maintient ! Ça commence à devenir un club qui s'installe de plus en plus en Ligue 1. Au niveau des joueurs, peut-être aussi, parce que la Ligue 1 attire de meilleurs joueurs. Pour l'instant, je ne l'ai pas encore vécu, mais j’ai l’impression qu’il y a plus de monde dans les tribunes, ça, c'est bien. Je pense que ça fait un grand bien à la ville. Après, il y a eu un changement, mais pas énormément. C’est toujours aussi le HAC que j'ai connu, avec beaucoup de similitudes par rapport aux personnes qui étaient là. Ça reste mon HAC !
 
A part que tu as grandi aussi physiquement (NDLR : il mesure désormais 2 m !), quelles sont les différences entre le Amir de 2023 et le Amir de maintenant ?
On va dire que j'ai engrangé de l'expérience, des expériences sur les terres européennes, des découvertes en Italie, au Danemark, comme en Ligue 1, et aussi avec la sélection marocaine (NDLR : Amir compte 9 sélections en équipe A du Maroc), qui a été un beau step. En termes de maturité, c'est quelque chose qui m'a fait du bien. J’ai été triste de ne pas aller à la Coupe du Monde mais je m’y attendais, et j’ai très envie de retourner en sélection ! Je suis toujours derrière l'équipe, à supporter les frérots ! J’ai donc plus d’expérience, moins d’insouciance. Et je pense que mon niveau a dû s’élever. C’est un Amir peut-être plus prêt qu’avant, je pense.
 
Les gens attendent beaucoup de toi, avec beaucoup de gentillesse et de bienveillance, parce qu’ils t’aiment. Tu as pu le constater au Fan Day. Ça t’a fait plaisir ?
C'est incroyable ! Ça ne peut que me redonner de la confiance, même si je sais que c’est un club où je me sens bien. Mais de le voir à nouveau et de le sentir, c’est top. J’ai eu des bons retours, moi aussi je suis content de revoir les supporters !
 
Tu t'es fixé des objectifs ?
Mes objectifs, comparé à quand j'étais là en Ligue 2, restent les mêmes ! C’est tout donner pour l’équipe, voir le maximum de temps de jeu pour moi, faire le maximum de stats, que ce soient passes décisives, buts, sauver des buts, tacler s’il faut tacler… Tout donner pour l'équipe !
 
Et porter le brassard lors de certains matches de préparation, ça t’a fait plaisir ?
Ça m'a touché. Après, j’aime bien dire que c'est mon club formateur, c'est un club auquel je dois beaucoup. C'est un plaisir, je me sens bien dans ce rôle-là, je suis un peu la passerelle entre les anciens et les plus jeunes, donc c’est un peu naturel. Et je m’entends très bien avec le capitaine, Rassoul, donc, c’est top ! On se complète, on parle aussi avec les plus vieux, ça se passe très bien.
 
Tu avais gardé le contact avec tes anciens coéquipiers ?
J'ai gardé le contact avec ceux qui sont partis, qui étaient là avec moi à la Cavée. Mais je connaissais aussi des joueurs comme Junior (Mwanga), c’est un bon ami à moi, Timothée (Pembele), aussi, Rassoul (Ndiaye) pareil, et puis la jeunesse comme Simon (Ebonog). Après, avec les nouveaux, ça se passe très bien. On s'entend tous très bien. Même avec les Japonais, même s’ils ne parlent pas français, ça se passe bien.
 
Tu es impatient à l'idée de ce premier match ?
C'est ça. Dimanche, contre Monaco, je pense que ça va être un bon match, même si c'est une équipe compliquée. Je pense que nous sommes tous focus, tous impatients, après une bonne prépa, de montrer ce que nous savons faire.
 
Tu as un petit mot à dire au public ?
Je suis impatient de le retrouver, ça va me faire un grand plaisir de fouler à nouveau la pelouse du Stade. Franchement, j'ai hâte !
Qu’est-ce que tu fais quand tu rentres chez toi ?
Quand je rentre chez moi, j'essaie de faire une sieste déjà (rires), après, un peu de récup, avec les bottes de récup, les massages... Ensuite, j'ai gardé de bons contacts avec des amis qui habitent ici, je vais souvent les voir, comme le petit frère de Victor Lekhal, Lucas, avec qui j’étais à la Cavée. Ensuite, c’est PlayStation, aller manger avec les coéquipiers…
 
Si tu devais dire ta qualité première et ton pire défaut, en dehors du terrain ?
Ma qualité première… Franchement, peut-être être trop gentil… Peut-être. Mon défaut, c'est que... Je ne sais pas si c'est un défaut, mais comment l'expliquer ? Par exemple, quand je suis touché par quelque chose, je peux mettre une croix très rapidement. Moi, je trouve que c'est aussi une qualité, mais des gens peuvent le voir comme un défaut.
 
Est-ce que tu es musique, films, bouquins ?
Oui, j'essaie d'être dans les films, séries le soir. Musique aussi, avec Ninho, Tiakola…. En séries, en ce moment, les gens vont m'insulter (rires), mais je commence seulement Game of Thrones. Après, les séries, j'ai regardé les basiques, Prison Break, Breaking Bad…
 
Petit, tu avais des idoles dans le foot ?
Oui, ma première idole, c’était Robinho. Quand j'étais petit, j'étais plus attaquant. Et ensuite, quand j'ai commencé à jouer au milieu, c'était Pogba. C'est le joueur auquel je m’identifie le plus. Et j'ai eu la chance de l'avoir côtoyé, de le connaître, et comme c’est une bonne personne, je m’identifie encore plus à lui.
 
Si tu devais inviter quelqu'un à dîner, quelqu'un qui t'impressionne, avec qui tu aurais envie de discuter, dans le foot ou pas, ce serait qui ?
Si je devais inviter une personne à dîner, ce serait ma mère. Parce qu'on a toujours un truc à dire, toujours un conseil à donner, il y a toujours à apprendre. C'est la personne qui m'inspire le plus, et qui m'a aidé le plus dans ma vie, et que j’aime le plus.
 
Propos recueillis par Olivia Detivelle
Photos : Emmanuel Lelaidier