sam. 07 février 2026

Avant HAC - RC Strasbourg : la bataille des planètes

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Le HAC et le Racing Club de Strasbourg, malgré des propriétaires aux noms se ressemblant, n’évoluent pas dans la même sphère financière. Ce qui n’empêchera pas une sacrée lutte sur le terrain ce dimanche (17 h 15) au Stade Océane.
Quand passent les cigognes, vous savez ce qui arrive ? Non, elles n’apportent pas des bébés ! Mais franchement, vous avez quel âge ?... Bref, ces cigognes, elles pondent. Des points. Trente exactement en Ligue 1, qui les mènent, elles et leur club du RC Strasbourg, à la 7e place. Seize en Conference League… et une première place entraînant une qualification directe en huitièmes de finale. Sans compter celle pour les quarts de finale de Coupe de France. Oui, nos visiteurs du dimanche existent en trois dimensions. Les coupes n’étant pas forcément notre préoccupation première, intéressons-nous au championnat de France…
 
Les Alsaciens poursuivent donc un nouveau rêve de qualification européenne, si possible dans une compétition supérieure à la Conference League (faut-il rappeler que nous les avons privés d’une récompense plus huppée en mai dernier ?). Le pire, pour leurs adversaires, c’est qu’ils en ont les moyens ! De gros moyens ! Financiers, certes, puisque le Racing affiche un budget 4,5 fois supérieur au nôtre et dépendent d’un groupe, Blue Co (attention, le manque d’r n’est pas une coquille !), détenant Chelsea et ses quelque 608 millions d’euros. Mais si l’argent ne fait pas le bonheur, il y contribue, et le Racing semble utiliser le sien intelligemment. Une preuve ? Il semble encore plus fort depuis le départ de son entraîneur, Liam Rosenior, et l’arrivée sur le banc de Gary O’Neil. Le tout donnant des Strasbourgeois non seulement toujours aussi joueurs mais aussi plus organisés, plus réfléchis. Et d’autant plus dangereux.
Certes, Emegha est toujours blessé. Cependant, cette absence ne semble plus si impactante, la qualité de ses coéquipiers compensant de plus en plus l’absence de leur capitaine. Car, dans ce système en 4-2-3-1 prôné par le technicien anglais et pour le moment couronné de succès (4 victoires en 5 matches, toutes compétitions confondues), les joueurs offensifs brillent de mille feux. A l’image de Panichelli (11 buts en Ligue 1), de Godo, qu’on n’attendait pas à pareille fête (10 buts toutes compétitions confondues), du Paraguayen Enciso (double buteur face à Monaco jeudi soir en Coupe de France, victoire 3-1), ou du petit Argentin Barco, meilleur passeur du Racing (4, ex aequo avec Guéla Doué). Bref, Strasbourg allie le spectaculaire à l’efficace, le rêve de tout supporter (enfin, c’est un peu plus compliqué que cela !)…
On peut ne pas tout réussir mais on se doit de tout donner, encore plus quand on a si peu de moyens.
— Didier Digard, en conférence de presse
Les supporters havrais, eux, apprécient ce qu’ils ont. A commencer par des joueurs particulièrement impliqués dans le club, conscients des difficultés et des valeurs nécessaires pour les surmonter. Grâce à cette mentalité exceptionnelle, le HAC se positionne actuellement à la 15e place, avec six longueurs d’avance sur le barragiste, Nantes, sept sur le premier relégable, Auxerre. Une réussite dont beaucoup sousestiment la performance.
 
Pour maintenir ce niveau, les Ciel&Marine ne pourront malheureusement pas compter sur Ayumu Seko, victime d’une fracture aux côtes contre Lens. En revanche, Arouna Sangante, capitaine courage, touché à la tête à Bollaert, devrait pouvoir tenir sa place, tout comme Ally Samatta, remis d’un coup reçu face à Monaco. Enzo Koffi, blessé la semaine passée, est apte lui aussi, tandis que Gautier Lloris pourrait retrouver sa place dans le groupe et que Mory Diaw sera titulaire dans les buts.
 
Oui, il est possible que, face à ces Alsaciens en verve, le HAC souffre. Ce serait même tout à fait logique. Cependant, la souffrance possède une majesté certaine, une grandeur d’âme, qui pousse à se dépasser. Ce que les Hacmen font tous les week-ends, regardant leurs adversaires dans les yeux, sans toutefois parvenir à renverser les plus gros. Et si cette fois était la bonne ? Et si, ce dimanche, c’était, pour les cigognes, le glas ?
 
O.D.
Photos : Emmanuel Lelaidier