sam. 21 mars 2026
Avant Paris FC - HAC : duel en capitale
Les Hacmen vont affronter ce dimanche, au stade Jean-Bouin, les Parisiens d’Antoine Kombouaré. Un match s’annonçant serré entre deux adversaires séparés au classement par un tout petit point.
Les séries, par essence, sont faites pour être stoppées. Et c’est avec bonheur que nous avons vu le HAC étouffer, avec une poigne de fer, celle de trois défaites (Nantes, Paris, Brest) que nous avons connue avant ce joli point récolté face aux Lyonnais. A nouveau salamandriques, les Ciel&Marine, réduits à dix dès la 55e et l’expulsion de Zagadou, ont su parfaitement circonscrire les velléités incendiaires des visiteurs et accrocher un nul (et un clean-sheet, le septième de la saison) à leur tableau devant un adversaire de très haut niveau.
Cette série mise au point final, il est temps d’en stopper une autre : celle des résultats trop maigres à l’extérieur. Avec une victoire (à Auxerre, en octobre) et trois nuls (à Metz, Toulouse, Rennes), le HAC ne réussit pas spécialement hors de ses bases. Eh oui, on ne peut pas tout avoir, car avec 21 points empochés au Stade Océane et des prestations fort agréables, les Hacmen brillent sur leurs terres et régalent leur public ! Mais parmi ce public, un bon millier de supporters seront présents dans le parcage du stade Jean-Bouin ce dimanche et espèrent repartir les poches pleines de réjouissances, de souvenirs inénarrables, et, surtout, d’un, voire trois points…
Le stade Jean-Bouin ? Un lieu que nous n’avons pas souvent visité… Un stade que nos hôtes de dimanche partagent avec les rugbymen du Stade Français, dans lequel s’était déroulé un HAC – Red Star de Ligue 2 en août 2016, dans une touffeur plus mémorable que le match (0-0). Mais notre adversaire sera bel et bien le Paris FC. Des Parisiens nous devançant d’une place et d’une longueur (13es, 28 pts) et entraînés depuis un mois par le légendaire Antoine Kombouaré, figure bourlingueuse du championnat de France depuis plus de quatre décennies, d’abord joueur, puis coach.
Appelé au chevet de Parisiens trop enroués pour leurs propriétaires mais pas franchement malades, l’ancien technicien nantais a débuté sa mission par une victoire à domicile face à Nice (1-0) puis deux bons nuls à Lyon (1-1) et Strasbourg (0-0). De jolies performances pour ce promu pas comme les autres au regard du budget et des ambitions majuscules du deuxième club de la capitale… Des ambitions portées sur le terrain, dans un costume lui seyant à merveille, par Ilan Kebbal : le milieu de terrain, pour sa première saison parmi l’élite, pointe déjà à 8 buts et 4 passes décisives. Problème : l’international algérien est blessé. Autre problème (pour les adversaires, cette fois !) : son absence, finalement, ne prive pas son équipe de bons résultats.
Car d’autres forces vives sévissent : Moises Simon (3 buts), Marshall Munetsi (3), Jean-Philippe Krasso (2), ou l’ex-Hacman Alimami Gory (1) sont capables de faire la différence, de créer des décalages, de trouver des failles. Tout comme Ciro Immobile, qui n’entre pas franchement dans la catégorie des aptonymes. Bref, ce déplacement au Paris FC ne sera pas une partie de plaisir, et il en sera ainsi tant que le maintien ne se blottira pas au fond de notre escarcelle, bien au chaud dans notre doux foyer Ciel&Marine.
Quand on ne concède pas de but, c’est une bonne chose, mais l’ambition première est plutôt de marquer un but de plus que l’adversaire.
Mais pour invoquer cette douceur et vivre une fin de saison, on l’espère, dans la quiétude, il faut donc encore batailler. Toujours. Pour ce déplacement, Didier Digard récupère le jeune Simon Ebonog, qui a purgé son match de suspension. Mais il perd Stephan Zagadou, expulsé dimanche dernier, et Yanis Zouaoui, suspendu à son tour pour cumul de cinq avertissements. Gautier Lloris, un peu en avance sur ses temps de passage après sa blessure à Brest, n’est pas loin d’un retour. Cependant, et bien logiquement, aucun risque ne sera pris ! Hormis Abdoulaye Touré, le reste de l’effectif est apte à ce court mais intense déplacement. Intense dans son enjeu, dans ce qu’il convoque d’ores et déjà en termes d’engagement.
L’engagement ? L’action ! Celle pour rester solide comme sait l’être le HAC, 5e meilleure défense du championnat. Mais celle d’essayer encore, tenter, oser pour marquer. Pour que ces poteaux deviennent rentrants, pour ne pas laisser au gardien adverse ce petit dixième de seconde ou le moindre centimètre pour parader. L’action. Pour que, aussi étroit soit le chemin, nombreux les châtiments infâmes, le HAC reste, comme depuis le début de saison, maître de son destin et capitaine de son âme.
O.D.
Photos : Emmanuel Lelaidier