Comment abordez-vous ce match contre Paris ?
C’est la quatrième année qu’on va les jouer, on sait comment c’est avec Paris… A chaque fois, on a l'impression, jusqu'à la 60e, que tout va bien, souvent, même, ça va très, très bien. J’ai souvenir d’un match au Parc des Princes, où même à la 88e, ça allait encore très bien. Et puis on sait, quand ça sort du banc, qu'on tape une planète différente. Sur le banc, tel qu'on imagine qu’il pourrait être, il y a quatre joueurs qui étaient dans les vingt premiers du Ballon d'Or.
C’est ce qu’on appelle un match bonus ?
Je ne sais pas si c’est un match bonus, mais c'est un match que manifestement tout le public attend, puisque le stade va être plein. Le public, jusqu'à maintenant, et les supporters en particulier, sont derrière nous, nous soutiennent. Il faut vraiment leur rendre hommage dans ce contexte-là. Pendant le match de Marseille, à un moment où j'ai craint que l'addition soit très, très, très salée, je pensais à eux, qui venaient de faire mille bornes pour nous voir prendre une branlée mémorable. Et heureusement, ça n'a pas été le cas. Heureusement pour eux, d'abord, ça n'a pas été le cas. Mais ils sont là.
Auprès du HAC, il y a aussi un actionnaire qui est bien présent, qui se montre. Qu'est-ce que vous pouvez nous dire sur ces actions de Blue Crow Sports Group depuis le début de saison ?
C'est Blue Crow qui a permis et qui permet de commencer à donner une autre dimension d'infrastructures au club. Avec des projets réalisés à Soquence, des projets en cours pour encore améliorer tout ce qui peut l'être, et notamment à la Cavée. Je dis bien que c'est en cours parce qu'il y a des discussions en cours, des négociations en cours, ça ne se fait pas d'un claquement de doigts. Mais oui, clairement, c'est un apport aujourd'hui essentiel, indépendamment de tout ce qu'ils ont pu faire l'été dernier sur un plan économique qui était majeur. Parce qu'encore une fois, le temps passe vite, les choses s'oublient. Et dans la réalité, s'il n'y a pas Ben Guill et Blue Crow l'été dernier, là, on n'est pas en Ligue 1 quoi qu'il arrive cette année, donc ça, il ne faut pas l'oublier.
Et il y a aussi autour du club de nombreux partenaires.
Il y a beaucoup de partenaires, notamment historiques, autour du HAC qui sont là, et je crois même que, cette saison, il n'y en a jamais eu autant, en comparant avec les saisons de Ligue 1. Donc oui, c'est important, c'est clé, parce que ça témoigne d'abord de leur soutien. Alors je sais que les partenaires, de manière générale, détestent quand je dis que je les remercie pour leur apport économique, parce que régulièrement, ils me disent qu'ils ne sont pas là que pour l'apport économique. Ce message, je l'ai vraiment compris. Donc oui, leur soutien, parce qu'ils participent largement à ça, et donc accessoirement, en plus, ils aident économiquement le club, et c'est une très bonne chose.
Et l'économie du football, justement, étant...
(il coupe) Consternante. Voilà. Elle est consternante. Le seul point positif aujourd'hui, c'est cette loi qui a été votée l'été dernier, qui devrait être mise en œuvre pour la saison prochaine (NDLR : loi relative à l'organisation, à la gestion et au financement du sport professionnel). Et un point de cette loi, c'est la modification de la répartition des droits télé sur l'ensemble des clubs de Ligue 1, qui doit nous permettre de bénéficier d'une substantielle augmentation. Mais on part de tellement loin… On ne reviendra pas l'année prochaine au niveau qu'on a connu quand on est arrivés en Ligue 1. On en sera loin, on sera en dessous de la moitié du niveau auquel on était. C'est dire qu'aujourd'hui, on est très, très, très bas par rapport à là où on était quand on est arrivés en Ligue 1. Très bas.
Concrètement, le HAC touchera combien cette année ?
Ça va extrêmement dépendre des recettes générées par Ligue 1+. Parce que la Ligue a perdu ce que BeIn apportait sur un match, puisque nous avons maintenant les neuf matches sur Ligue 1+. On va toucher au moins 2,8 millions d’euros, et au mieux 4,5. Mais je ne peux pas vous dire plus parce que ça va dépendre de ce que Ligue 1+ est capable de générer. Pour mémoire, quand on est arrivés en Ligue 1, on était à 16. Ça donne un ordre de grandeur de l'état de délabrement dans lequel est la Ligue 1 en général sur un plan économique.
C'est votre cinquième saison au HAC. Dans le foot, c'est votre plus longue période dans un club. Qu’est-ce qui différencie le HAC des autres clubs où vous avez évolué ?
Mon record, c'était quatre ans à Marseille. Ce qui différencie... J'ai un vrai attachement au club, aux gens qui le constituent, même si j'avais un attachement à Marseille. A Marseille, je découvrais un univers. J'arrivais... Et puis, ce n'est pas n'importe quel univers, l'OM. Je n'ai pas de raison objective… A Marseille, j'ai décidé d'arrêter à un moment parce que, encore une fois dans un contexte très particulier, j'étais arrivé au bout de ce que je pensais pouvoir apporter. Et quand ça se produira au Havre, ce sera la même chose. C'est-à-dire qu'un jour, je vais penser que je suis allé au bout du bout de ce que je pouvais apporter à ce club et qu'il faudra que je passe à autre chose. J'étais beaucoup plus jeune quand j'ai quitté Marseille, là, je passerai à autre chose de beaucoup plus tranquille, probablement. Mais oui, j'ai un vrai attachement au club et aux gens qui le composent et à cette ville. Pour avoir connu la folie à Marseille, avec le stade, dans le stade, même si je vois que cette année, ça a l'air de s'être bien calmé en fonction des résultats, je vois à quel point le dialogue est plus facile ici, beaucoup plus facile ici.
Propos recueillis par Olivia Detivelle
Photos : Emmanuel Lelaidier