dim. 26 avril 2026
HAC - FC Metz : 4-4. Une amère folie
Un match à huit buts, voilà qui est rare… Cependant, cette folle partie ne satisfait guère le HAC, qui a mené quatre fois au score et s’est donc fait rejoindre d’autant.
Vous avez dit ambivalence ? Que peut bien inspirer un tel match si ce n’est un entrechoquement d’émotions, des pics hormonaux, des descentes vertigineuses… Le foot, c’est beau, n’est-ce pas ? Huit buts dans un match, avec un tel scénario, ça fait rêver, non ? Eh bien… non. Nous, ça nous démonte la mécanique du cœur vis par vis, ça nous fait exploser le cerveau neurone par neurone, nous creuse l’estomac à la petite cuillère. Alors, excusez-nous de ne pas avoir totalement apprécié le spectacle. Pourquoi ? Parce que, quatre fois, le HAC a mené au score, et, par quatre fois, il s’est fait rejoindre.
Pourtant, ce match avait joliment débuté : Ally Samatta signait son premier but à domicile, après un centre de Zouaoui et une remise plus ou moins volontaire de Kechta (1-0, 5e). Que faisait alors le commun des mortels ? Il sortait les popcorns et attendait la suite face au dernier de Ligue 1. Lequel se rebiffait : quatre minutes plus tard et une tête de Kvilitaia, tout était à refaire (1-1, 9e). Ce que nous ne savions pas, c’est que, ce constat, nous allions l’établir à plusieurs reprises.
Dans cette rencontre pour insensés, il y avait cependant quelques pressentiments, notamment à l’égard de Yassine Kechta. Oui, en voyant le petit milieu intégrer le onze à la dernière minute, remplaçant Boufal, touché à l’échauffement, on se disait que, parfois, l’histoire pouvait se révéler magnifique et que, peut-être… Une hypothèse transformée en certitude : d’une volée à la fois rageuse et imparable, le bézot redonnait rapidement l’avantage aux Ciel&Marine (2-1, 13e) ! L’intensité diminuait alors quelque peu, chacun semblant reprendre ses esprits… Jusqu’à la demi-heure où les situations s’accumulaient de part et d’autre (corners pour le HAC, frappe de Tsitaichvili, 36e et Hein, 42e, pour Metz), avec en point d’orgue, un missile (du pied droit !) de Zouaoui, claqué par Sy (37e). Et alors que le public commençait tranquillement à se diriger vers les buvettes, M. Letexier sifflait penalty pour Metz, a priori pour une main de Zouaoui. Une sentence transformée par Hein au bout du temps additionnel (2-2, 45e + 5). Le temps additionnel, voilà qui sonne comme une offrande, un souffle de vie supplémentaire. Celui-ci venait nous couper la respiration.
Néanmoins, le cœur repartait dès la 46e, malgré la sortie de Rassoul Ndiaye, touché, remplacé par Lucas Gourna. Le HAC mordait dans la seconde période avec la visible intention de bouffer l’adversaire tout cru. Et, dès la 52e et un penalty consécutif à une faute sur Samatta, Zouaoui s’en tapait une bonne tranche en inscrivant son premier but en Ciel&Marine (3-2, 52e) ! Pas le temps de digérer : deux minutes après, Pandore, comme un diable sorti de sa boîte, surgissait pour fusiller Diaw (3-3, 54e). On efface tout et on recommence…
On devra se faire pardonner, ce n'est pas du tout ce qu'on espérait. Il ne faut surtout pas perdre confiance. Il faut changer les choses, on est dans une situation qu'on aurait pu espérer à un moment donné mais qui ne nous convient pas aujourd'hui.
Si Soumaré, servi par Kechta, ne cadrait pas son ballon (59e), il déviait parfaitement un centre de Zouaoui pour Doucouré, lequel, d’une frappe croisée, permettait au HAC de renverser à nouveau la table, les chaises, et surtout le Stade Océane (3-2, 61e). Maintenant, il fallait retenir la leçon pour garder le score… ce qui dura jusqu’à la 85e et cette nouvelle égalisation lorraine signée Hein, de la tête (4-4, 85e), frappant les tribunes de stupeur. Et le score aurait pu à nouveau évoluer, d’un côté comme de l’autre avec une frappe enroulée de Gbala à côté (87e), une frappe croisée de Sarr passant devant la cage de Diaw (90e + 3), une percée de Boufal enrayée plus ou moins licitement (90e + 5) et, enfin, une frappe contrée du même Boufal (90e + 7) sur laquelle M. Letexier sifflait la fin d’une partie nous laissant pantois, avec un léger mal de tête bien lancinant. Une gueule de bois sans flacon ni ivresse, si ce n’est celle de la déception.
Le HAC ressort donc avec un point. A quoi vous fait penser un printemps sportif ? Peut-être au temps des classiques cyclistes, des « monuments », où ça file sur les pavés, soulève la poussière, arpente les murs et les trouées… Cependant, notre championnat ressemble plutôt à une course de pistards : des équilibristes se jaugeant, faisant du surplace… sans toutefois tomber. Ainsi, ce dimanche, le HAC a signé un quatrième nul consécutif, tandis que ses adversaires directs n’avançaient pas davantage… Auxerre ? Battu à Lyon ! Nantes ? Battu à Rennes ! On attendra ce soir pour Nice, mais Didier Digard sont au moins certains de ne pas terminer dans la zone rouge, possédant onze longueurs d’avance sur les Canaris, premiers relégables. Restent les barrages à éviter : avec désormais six points d’avance sur Auxerre, 16e, le fameux « mathématiquement » n’est pas encore de mise. Il faudra assurer des points lors des trois dernières rencontres. La prochaine, dimanche à 15 h, nous mènera dans le Nord, face au LOSC.
HAC – FC Metz : 4-4 (2-2)
31e journée de Ligue 1 McDonald’s
Dimanche 26 avril 2026
Stade Océane
19162 spectateurs
Arbitre : M. Letexier
Buts : pour le HAC : Samatta (5e), Kechta (13e), Zouaoui (52e, sp), Doucouré (61e) ; pour Metz : Kvilitaia (9e), Hein (45e + 5, sp, 85e), Pandore (54e)
Avertissements : au HAC : Gourna (80e) Ebonog (90e + 2), Pembele (90e + 5) ; à Metz : Kvilitaia (47e)
HAC : Diaw – Nego, Seko, Lloris, Zouaoui (Pembele, 78e) – Ebonog (Mosengo, 90e + 3), Ndiaye (Gourna, 46e) – Doucouré (Kyeremeh, 69e), Kechta (Boufal, 78e), Soumaré (cap) – Samatta.
Non entrés : Mpasi, Youte, Mambimbi, Obougou
Ent. : Didier Digard
METZ : Sy – Touré (Stambouli, 46e), Sane, Yegbe, Mboula (Pandore, 46e) – Gbamin (Mbala, 18e), Deminguet (Abuashvili, 81e) – Sarr (cap), Hein, Tsitaishvili – Kvilitaia (Michal, 81e).
Non entrés : Fischer, Diop, Kouao
Ent. : Benoît Tavenot
O.D.
Photos : Emmanuel Lelaidier