dim. 15 février 2026
HAC - Toulouse FC : 2-1. La vie en rose !
Les Ciel&Marine, à dix dès la première minute, se sont montrés héroïques face aux Toulousains, et ont réussi l’exploit de l’emporter grâce à un doublé de Soumaré.
« Peut-on prendre la vie autrement que par les épines ? » On ne sait si le poète René Char, auteur de cette phrase, aimait le football, mais son interrogation s’applique parfaitement, au millimètre près, au match de ce dimanche après-midi particulièrement pluvieux et, finalement, particulièrement heureux. Parce que dans l’art d’esquiver les obstacles les plus complexes, de se sortir des situations les plus piégeuses, le HAC est passé maître ! Pas de pétrole ? Des idées ! Il faut gagner à Strasbourg pour se maintenir ? Allez, une panenka à la dernière seconde ! Une expulsion dès la première minute ? Pas grave, merci pour le suspense, on emballe les trois points et on vous salue bien !
Vous savez quoi ? On ne s’attendait tout de même pas à ça. Ça ? Ce qu’on appelle un « fait de jeu ». Et quand ça survient dès la 57e seconde, alors qu’on est encore en train de s’essuyer les pieds sur le paillasson pour entrer dans le match, ça plombe l’atmosphère comme un coup de fusil. Enfin, ailleurs. Pas au Stade Océane ! Parce que, à peine Arouna Sangante, d’abord averti pour excès d’engagement, avait écopé d’un rouge alors qu’Emersonn mettait beaucoup de temps à se relever, le kop ouvrait la voix et se mettait en colère.
Résultat ? Aucune perturbation dans l’air déterminé des Ciel&Marine. Ils savaient que ce match, coincé entre la Saint-Valentin et Mardi Gras (choisis ton camp, camarade !), pouvait leur ouvrir des horizons et leur permettre de prendre leur avenir à bras-le-corps, ce qui est certainement le meilleur moyen de ne pas le laisser s’échapper. Alors, même à dix, ils menèrent un combat titanesque.
Evidemment, dès ce carton rouge infligé, Toulouse mettait le pied sur le ballon. Mais pas la main sur le match. Car si quelqu’un avait la main haute sur quelque chose, c’était bien Mory Diaw, impérial devant Gboho (11e), divin devant Donnum (37e) ! Procédant en contres, les Hacmen montraient à leurs adversaires qu’ils ne leur faciliteraient nullement la vie : Ebonog (21e, 27e) et un Boufal très inspiré (tentative de lob depuis le milieu du terrain rasant la barre, 23e) plaçait des banderilles… avant qu’Issa Soumaré ne s’offre le descabello ! Et de quelle manière ! Jamais avare de ses efforts tout en restant lucide, il interceptait un ballon de Nicolaisen et s’offrait une course de cinquante mètres pour aller crucifier Restes (1-0, 43e). Malheureusement, dans les arrêts de jeu, Sidibé, en position d’attaquant, égalisait, suite à un corner dévié (1-1, 45e + 3). A la pause, on se disait qu’après tout, il y avait quelque chose de beau à aller chercher.
Ce « beau » appartient-il à l’Histoire ? Difficile à dire. Mais à l’émotion, oui, à coup sûr. Emois, émois, émois… Parce que cette seconde période connut des coups de tonnerre assez extraordinaires… Tout d’abord, Mory Diaw, victime d’un coup d’Emersonn à la hanche en première mi-temps, devait céder sa place à Lionel Mpasi. Puis, à la 53e, le Stade Océane explosa littéralement : un duel de Gourna, une passe lumineuse de Boufal, et un Soumaré chirurgical s’en allant à nouveau tromper Restes (2-1, 53e) ! De quoi vous donner le tournis dans ce manège à jolies sensations qu’est ce HAC…
Ce qu'ils ont réalisé aujourd'hui, c'est extraordinaire. Mais ça ne vaudra rien si on passe à travers la semaine prochaine.
Néanmoins, il restait du temps. Et c’est long, le temps, parfois !!! Alors, Mpasi, entré donc à la pause, s’acharna à nous le rendre heureux, s’imposant devant Hidalgo (62e), Russell-Rowe (65e), Sauer (85e), puis sortant la parade salvatrice sur sa ligne devant Vignolo (90e + 3) ! Entre temps ? La VAR avait annulé pour cause de main de Russell-Rowe, passeur, un but de Hidalgo (75e). De quoi savourer les trois coups finaux tant attendus donnés par M. Brisard et nous offrant un bonheur incroyable. Le bonheur ? Si on ne sait pas vraiment le définir, on peut le ressentir ! Et ce fut bien le cas aujourd’hui. Une vie en rose face à l’équipe de la Ville rose, qui évoluait, d’ailleurs, dans un maillot du même ton, un rose bonbon dont le HAC gardera longtemps la saveur en bouche. Un véritable exploit à raconter dans les chaumières normandes le soir au coin du jeu !
Le HAC s’est offert donc ce dimanche un luxe. Le luxe de pouvoir respirer à pleins poumons. Le luxe de boire goulument l’air du moment. Et le droit d’éprouver plus de mal (dans des corps ressortis meurtris par la multitude de duels, de courses, de dégagements accomplis) que de peur : oui, le HAC poursuivra ses efforts, on en est certain, parce que rien n’est figé, rien n’est gravé (9 points d’avance sur le barragiste, Auxerre). Mais il a le droit de le faire avec sérénité. Et avant d’aller affronter Nantes - avant-dernier comptant 12 points de retard sur les Ciel&Marine - sur dimanche prochain (17 h 15) voilà qui est un sacré luxe.
HAC – Toulouse FC : 2-1 (1-1)
22e journée de Ligue 1 McDonald’s
Dimanche 15 février 2026
Stade Océane
18345 spectateurs
Arbitre : M. Brisard
Buts : pour le HAC : Soumaré (43e, 53e) ; pour Toulouse : Sidibé (45e + 3)
Avertissements : au HAC : Sangante (1ère), Ebonog (55e) ; à Toulouse : Casseres (49e), Restes (54e), Methalie (70e), Hidalgo (88e)
Expulsion : au HAC : Sangante (1ère)
HAC : Diaw (Mpasi, 46e) – Nego, Zagadou (Pembele, 84e), Sangante (cap), Lloris, Zouaoui – Ndiaye (Kechta, 90e + 5), Gourna, Ebonog (Samatta, 65e) – Boufal (Mosengo, 65), Soumaré.
Non entrés : Doucouré, Kyeremeh, Obougou, Quetant
Ent. : Didier Digard
TOULOUSE : Restes – McKenzie, Creswell, Nicolaisen (cap) (Methalie, 63e) – Messali (Hidalgo, 30e), Casseres (Sauer, 63e), Diop, Sidibé (Vignolo, 83e) - Gboho, Emersonn (Russell-Rowe, 63e), Donnum.
Non entrés : Haug, Saïd, Kamanzi, Koumbassa
Ent. : Carles Martinez Novell
O.D.
Photos : Emmanuel Lelaidier